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Sommaire

Espoir...
Second souffle.
Tout pour y croire
Nouvelle joie.
Dans son regard...
Le contact.

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# Posté le dimanche 31 août 2008 10:55

Modifié le vendredi 01 mai 2009 22:26

Espoir...

Espoir...
Les chevaux.

J'ignore toujours d'où cette passion pour eux avait commencé.

Ce que je savais et dont j'étais certaine, c'était que cette passion ne s'éteindrait jamais.

Il est apparut dans ma vie comme un cadeau du ciel, purement et simplement.

Mon amie et moi nous nous promenions à vélo cette journée-là. C'était l'été, il faisait chaud. Daphnée était ma meilleure amie depuis la tendre enfance. Elle et moi allions monté au même centre équestre et on se voyait souvent après l'école.

Habituellement, quand on faisait du vélo, on n'allait pas bien loin. On se contentait de pédaler entre nos maisons ou bien d'aller au dépanneur... Sauf cette journée-là, où Daphnée m'avait convaincu d'aller dans un rang. Personnellement, je n'en voyait pas l'intérêt, mais j'aimais bien la suivre dans ses excursions...

Le soleil était cuisant. Nos vieilles ferrailles avaient peine à suivre dans ce chemin de terre. On faisait souvent de courtes pauses pour s'hydrater de nos gourdes d'eau et quelques fois pour prendre des photos.

J'adorais la photo. Mes parents m'avaient offert un appareil photo numérique pour ma fête. Mes cibles préférées étaient les chevaux de mon centre équestre, mais surtout un que j'affectionnais particulièrement : Edd. C'était le cheval que je prennais lors de mes leçons d'équitation. Il était alezan avec une fine liste sur le chanfrein. C'était un Morgan de 12 ans.

J'ai alors visé une grange avec l'objectif de mon appareil. J'appuyai sur le piton "zoom" pour tenter de mieux la voir. La grange semblait seule. Il n'avait aucune maison autour d'elle, la vieille construction était au beau milieu d'un champ, collé à un bois dense. Je jetai un coup d'oeil aux alentours, il n'y avait que des champs ainsi qu'une maison à peine visible tellement elle était loin.

"-Terry, tu te bouges, me demanda Daphné qui venait de ranger sa gourde dans son sac à dos.

-Daph... Ai-je murmurré en prolongeant un large sourire vers elle.

-Quoi?

-Ça te dirait qu'on aille faire une petite visite dans la grange, lui ai-je demandé. Celle-ci me jeta un regard confus. Je lui pointai alors l'extrémité du champs où se trouvait la batîsse. Daphné me répondu par un sourire ainsi qu'un clin d'oeil. Elle alla caché son vélo dans les hautes brousses qui longeaient le chemin. J'eut vite fait de l'imiter."

On entama notre marche dans l'herbe. On marchait côte à côte, avançant toute les deux du mieux qu'on pouvait à travers l'haute herbage.

"-Ce champ-là a dû être condamné, vu l'épaisseur de la luzerne, fit remarqué mon amie.

-Imagine la grange, elle doit être toute pourrite, ai-je ajouté. Daphné acquiesça d'un signe de tête."

On perseverait dans notre excursion, nous étions à mi-chemin. On fit alors une courte pause pour s'asseoir quelques instants.

"-Si on avait des chevaux, ça ferait un bail qu'on aurait atteint la grange, ai-je grogné.

-Si on avait des chevaux, on serait entrain de les monter au centre équestre, rectifia Daph."

J'ai ressorti mon appareil de son étui et je reposai l'objectif sur la grange. Je fis un zoom, et je pu distinguer une clotûre qui se dissimulait à l'arrière de la grange. J'ai alors eut l'affreuse impression qu'il y avait peut-être des animaux dans cet endroit. Je continuai d'observer les alentours de la batîsse à travers l'objectif. Je vis une trace de sentier qui se dessinait de l'arrière de la grange et qui semblait se continuer dans la forêt.

Un frisson me passa dans le corps. Je rengeai mon appareil photo dans son étui. Je glissai mon index et mon pouce sur la commissure de mes lèvres et je sifflai.

"-Qu'est-ce que tu fais, me questionna Daphné."

Je lui fis signe de se taire.

Un faible hennissement se fit entendre.

Les yeux de Daphné s'ouvrir grandement.

"-Il y a un cheval là-dedans, s'exclama t-elle horrifiée.

-Allez, on se grouille, ai-je lancé en me levant brusquement."

On se mit à courir à travers les hautes herbes comme si notre vie en dépendait. Plus on approchait, plus mon coeur battait fort dans ma poitrine. On ralenti notre course quand nous étions à une dizaine de mètres de l'endroit.

"-On a pas le droit d'être là, s'inquiéta Daphné.

-Et c'est maintenant que tu t'en rends compte, ai-je dit vaguement en toisant la grange du regard."

Je sifflai à nouveau. À peine deux secondes s'étaient écoulées et on vit apparaître la silhouette d'un cheval près de la clotûre. Une silhouette blanche...

Je m'approchai doucement vers lui, hypnotisée. Il était blanc, le tour de ses yeux et ses naseaux étaient rouges vifs.

"Oh mon dieu, t'as vu ses coups de soleil, ai-je soufflé à Daphné. Celle-ci ne me répondu pas."

J'ai rejoint la pauvre bête, seulement séparé par la clotûre. Il n'était pas bien grand comparé aux chevaux que j'avais l'habitude de voir.

J'ai glissé ma main sur son chanfrein. Celui-ci ferma les yeux sous cette étreinte. Je retournai un regard vers Daphné.

"-C'est affreux, lui ai-je soufflé. Ce cheval était extrêment maigre; ses côtes, ses hanches, son garrot, tout était saillant. Ces coups de soleil semblaient être des grosses plaques rouges enflées. Il avait aussi quelque blessures sur ces postérieurs. Ces sabots étaient inégaux. L'un était long, l'autre un peu moin, le suivant semblait s'être cassé sous l'usure puis l'autre était aussi laid que les autres.

-Mets lui ça, me dit Daphnée en sortant un tube de crème solaire de son sac à dos."

J'étendu la lotion sur ses naseaux ainsi que sur le contour de ces yeux. La pauvre bête se laissait soignée comme si mes mains étaient un baume pour toute la souffrance qu'il endurait. J'entrai dans son enclos. Le pauvre restait immobile, comme si le moindre mouvement semblait être trop pour l'énergie qu'il avait. Il semblait avoir une chaudière comme abreuvoir, mais celle-ci était vide. Daphné me rejoint dans l'enclos avec son sac à dos et je n'eu pas à prononcer un seul mot qu'elle vida nos gourdes dans la chaudière.

"-On ne peut pas le laisser là, me dit Daphné en tendant la chaudière au cheval.

-Je sais bien, ai-je répondu en flattant la frêle encolure de la bête blanche. Un moment de silence s'étira pendant que le cheval s'abreuvait.

-C'est tellement con la vie des fois, grogna Daphnée. On ferait tout pour avoir un cheval, nous. Si on en avait un, on en prendrait soin, nous. Tu vois, il y a des gens qui mériterait même pas de vivre et il font endurer ça à un animal. Comment veux-tu dormir sur tes deux oreilles quand tu sais que t'as un animal qui se crève de faim, de soif...

-Il a fini de boire, ai-je constaté. En fait, il n'y a plus d'eau dans la chaudière.

-Je vais appelé Isa, lança Daphné. Elle connait sûrement le numéro de la société protectrice des animaux... J'ai aquiescé d'un signe de tête."

Isa était notre entraineure. C'était sûrement la seule adulte qui nous aiderait sans nous blâmer de s'être aventurer à un pareil endroit...

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# Posté le dimanche 31 août 2008 11:23

Modifié le lundi 09 février 2009 16:48

Second souffle.

Second souffle.
Photo.*
"On arrête ça pour aujourd'hui, me dit Isa en esquissant un sourire. T'as la tête ailleurs, Edd le sent!"

Je me suis alors penché sur l'encolure de ma monture pour lui adresser une petite tappe amicale.

Nous étions seuls dans le manège extérieur, ce qui était plutôt rare dans ce centre équestre. Je descendu de ma monture préférée pour faire face à mon entraîneure.

"-Ils ont écrit un article dans le journal, ai-je dit à Isa en flattant le chanfrein de Edd. Celle-ci posa sa main sur mon épaule.

-Il va s'en sortir, j'en suis certaine, me réforta t-elle. C'est pas le premier cheval à être maltraité tu sais. Il a eu de la chance de vous avoir, toi et Daphnée.

-C'était horrible, m'ai-je rappellé. Tu as vu ces yeux, comme ils étaient enflés? Et ces sabots, le pauvre...

-Il est sûrement mieux où il est, me rassura t-elle.

-Il est où au juste?

-Tu sais Terry, il souffrait beaucoup...

-Oui, mais ils vont le soigner, ai-je demandé inquiète.

-Il y a de fortes chances qu'il aille à l'abattoir, me déclara t-elle. Mon souffle se coupa. Je sentit une boule me monter à la gorge, ainsi que mes yeux qui s'emplissaient d'eau. C'est plutôt rare que quelqu'un veuille reprendre un poulain dans cet état...

-Moi, je le prendrais, ai-je tout de suite répliqué. "

Isa esquissa un sourire de compassion. Elle me tappa sur l'épaule et puis nous quittions le manège.

Des larmes coulaient sur mes joues pendant que je désellais Edd.

"-Qu'est-ce que t'as Terry, me demanda Fanny innocente.

-Rien, vas t-en, ai-je grogné."

Celle-ci s'éloigna prudemment et disparue dans le box d'un cheval. Fanny devait avoir 8 ans. Au centre équestre, elle est souvent sur mes talons et aujourd'hui, elle avait compris qu'elle était mieux de m'éviter.

Daphné et moi étions ces "idoles" comme le disait si bien Isa. "Ces modèles". Cette petite blonde nous cassait souvent les pieds avec ses histoires, mais comme nous étions gentilles, Daphnée et moi, nous devions l'endurer sans dire un mot.

J'amenai Edd dans son box et j'y restai un moment. Je fixais la bête alezane que j'aimais tant.

"T'en as eu toi de la chance quand t'étais petit, lui ai-je murmuré. Tu aurais pu tomber entre les mains d'un batteur de chevaux ou d'un imbécile qui ne connait rien. Toi, tu es né ici, dans ce magnifique centre équestre, où tu as reçu un dressage et une éducation irréprochable. Tu es en santé, tu es beau, tu es intelligent...

Edd jeta un coup d'oeil désinterressé vers moi. Il mâchait paisiblement son foin sec.

Et puis... Peut-être que le poulain que j'ai vu aurait pu être beau lui aussi. Avec des kilos en plus, des sabots tout neufs... Son dressage aurait débuté cette année. Je suis certaine que je l'aurais aimé. Isa l'aurait sûrement dressé en peu de temps, il avait l'air très doux. J'aurais peut-être même pu commencer à le monter, partir en randonnée avec lui..."

"-Tu parles d'Espoir? Je me suis retournée vivement. Cette voix venait de l'entrée du box d'Edd. C'était Fanny. Je me suis soudainement sentit affreusement gênée, elle m'avait entendue parler à Edd!

-Quoi.. Euh.. Non, ai-je bagayé. Je t'avais dis de me laisser tranquille!

-T'aurais qu'à appeller au numéro affiché dans le journal pour avoir de ses nouvelles, rétorqua celle-ci.

-Mais de quoi tu parles, ai-je grogné.

-D'Espoir voyons! C'est pas de lui que tu parlais à Edd il y a quelques secondes?

-Il s'appelle Espoir maintenant, ai-je constaté avec étonnement.

-Je trouve que ça lui va bien, déclara celle-ci.

-Vas t'en Fanny, je suis de mauvaise humeur aujourd'hui...

-J'ai bien vu ça!"

Elle repartit dans l'allé des box. Je pouvais entendre ses pas résonner sur le sol de béton.

Espoir... J'ignore d'où elle a pris ce nom, mais il me plaît bien. J'ai donné un dernier baiser sur les naseaux de mon beau Edd avant de quitter l'écurie. Je restais assise dehors, attendant que ma mère vienne me chercher avec sa voiture.

Si j'appellais au numéro du journal... Il pourrait me dire où il est... Il n'est peut-être pas trop tard. Il est peut-être encore en vie. Je pourrais le sauver, moi. Il mériterait bien ça. Je pourrais travailler à la cantine du village pour payer sa pension au centre équestre... Peut-être que Daphnée voudrait m'aider elle aussi.

Quand je vis la voiture de ma mère entrer dans la cours du centre équestre, je me suis empressé d'y aller. Je me suis assise du côté passager. Ma mère semblait préoccupé, ce qui n'était pas très rare. Ma mère était monoparentale. Mon père nous avait abandonné il y a dix ans de ça. Depuis, le seul signe de vie qu'on avait de lui était une pension alimentaire à chaque mois ainsi qu'une carte avec de l'argent le jour de ma fête.

"-Maman... Tu sais, j'aimerais prendre des nouvelles du petit poulain que Daphnée et moi avions trouvé l'autre jour...

-C'est bien ma chouette, dit vaguement ma mère en ne quittant pas la route des yeux."

Ma chouette. Elle m'appellait souvent comme ça et elle savait que je détestais ça.

J'ai poussé un profond soupir et j'ouvrit la radio.

"-Comment va ton beau Edd, demanda ma mère avec un semblant d'intérêt.

Elle essayait d'être gentille, mais ma mère n'avait jamais éprouvé un réel amour pour les chevaux. En fait, elle semblait en être effrayée. Toutes les fois où elle avait dût entrer dans l'écurie du centre équestre, elle gardait les bras croisés sur elle, semblait très nerveuse et elle poussait souvent de petits rires stridents.

-Mieux que d'autres, ai-je simplement soufflé. Ces yeux semblèrent se quitter de la route une fraction de secondes pour se poser sur moi.

-Qu'est-ce qui se passe?

-Ce qui se passe, c'est qu'il y a sûrement un pauvre petit poulain sans défense qui va se ramasser dans un abattoir, ai-je grogné. C'est ça qui se passe!

Ma mère détourna ses yeux de la route durant une fraction de seconde:

-Il y a des choses pour lesquelles on ne peut rien faire chérie, tu sais...

Ces yeux me quittèrent pour reprendre la route. Je me suis contenté de soupirer et d'appuyer ma tête contre la vitre.

"On ne peut rien faire..."

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# Posté le jeudi 20 novembre 2008 23:17

Modifié le lundi 09 février 2009 19:58

Tout pour y croire

"Puisque je te dis que c'est lui que j'ai vu!"

Deux semaines se sont écoulées et Daphné tentait toujours de me remonter le moral. J'étais étendue sur mon lit qui était à moitié fait, le téléphone à l'oreille.

"-Daphnée, il est mort, tu comprends, M-O-R-T.

-Ça c'est ce que tu crois ma chère, reprit-elle encore plus convaincue."

J'ai poussé un soupir, puis je me suis assise sur mon lit. Je tendu mon bras vers mon bureau pour m'emparer de ma tablette à dessins. Je m'étais amusé à dessiner le petit Espoir, comme si j'espèrais qu'il pouvait reprendre vie à travers mes dessins. Je l'avais dessiné guéri de toutes ses blessures, beau et fort. Il était à l'arrêt, la tête haute, fier. Je lui avais même tracé un équipement; une belle selle western foncée ainsi qu'une bride assortie. Un tapis rouge cerise venait faire ressortir les cuirs.

"-Isa m'a dit que tu n'étais pas venue suivre ton dernier cours, que tu ne l'avais même pas téléphoné! Et tu sais quoi? J'ai fait semblant de savoir que tu couvrais une gastro.

-T'avais qu'à dire la vérité, que tu savais pas pourquoi.

-Terry, t'es plate! Tu ne fais rien! Tu restes enfermée chez vous parce qu'Espoir, comme tu l'appelles, est parti à l'abattoir, reviens en!

-Je savais que tu l'avais pas vu, ai-je répliqué. Arrête donc de comter des menteries, c'est une vraie maladie que t'as-là!

-Je m'excuse de vouloir te faire sortir de ton trou, Anna Terry Corriveau! Viens pas chialer que t'as rien à faire!"

Elle raccroche.

De toute évidence, j'avais réussit à me la mettre à dos pour un moment. Je laissai le téléphone glissé sur mon couvre lit.

Je voulu remettre ma tablette à dessin sur mon bureau, mais celle-ci glissa et tomba dans ma poubelle.

"Quand ça va mal, ça va mal! Ai-je grogné en me levant de mon lit."

Je me suis penchée vers ma poubelle, je pris ma tablette à dessins et attrappa une feuille au passage. J'allais la remettre à la poubelle quand un frisson me souffla dans le dos.

C'était l'article d'Espoir. Je l'avais découpée du journal... Je l'avais laissé sur mon bureau et apparemment qu'il avait atteri dans la poubelle...

Je me suis assise sur mon lit, tenant délicatement la feuille entre mes doigts.

"Deux adolescentes sauvent un poulain d'une mort certaine"

Tel était le titre de l'article. Sauver ici me semblait être un bien grand mot. On aurait pu simplement écrire: "Deux adolescentes expédient un jeune poulain à l'abattoir"... Je poussai un soupir de découragement avant de m'effondrer sur mon lit. Je me cognai la tête contre un objet dur. Je poussai un grognement pour saisir l'objet.

C'était le téléphone. Je tenais le téléphone d'une main et l'article de l'autre.

"Qu'est-ce que t'attend pour appeler niaiseuse?"

Je regardai au bas de l'article et je composai le numéro qui désignait la société protectrice des animaux.

"-Bonsoir, société protectrice des animaux, que puis-je faire pour vous?

-Euh... J'aimerais savoir ce qui est arrivé avec Espoir...

-Espoir?"

Quelle imbécile j'étais. Comme s'elle savait qu'il s'était fait baptisé par une gamine de huit ans.

"-Le petit poulain blanc, j'étais de celles qui l'avaient trouvé et j'aimerais savoir où il est.

-On a réussi à lui trouver un refuge, il est en sécurité et il obtient tous les soins dont il a besoin!

-Vraiment? Dis-je avec beaucoup d'entrain. Croyiez-vous que je pourrais le revoir?

-Le nouveau propriétaire a voulu garder son identité confidentielle, dit la dame au téléphone. Un silence s'étira. Puis-je faire autre chose pour vous?

-Je ne crois pas, merci."

Je raccrochai et en un soupir de soulagement, je me laissai doucement tombé sur mon lit.

"Il est en vie, m'ai-je dit à moi-même réconfortée."

Je restai un moment allongé sur mon lit, regardant toujours l'article de journal. Je me levai doucement, me dirigeai vers mon bureau. Je pris le dessin que j'avais fait de lui et je l'épingleai sur mon babillard. À côté, je mis l'article de journal.

"On va se revoir Espoir, j'en suis certaine..."

[25 commentaires pour une suite ^^]

# Posté le vendredi 16 janvier 2009 16:47

Modifié le lundi 16 février 2009 18:54

Nouvelle joie.

Nouvelle joie.
Photo par: Becso
L'école venait tout juste de recommencer.
On profitait des dernières semaines de l'été.

Espoir s'était peu à peu estompé de mes pensées. Parcontre, le dessin que j'avais fait de lui était toujours affiché sur mon babillard. Je passais souvent devant lui le matin avant de partir pour l'école, y jetant quelques fois des coups d'oeil furtifs.

Je suivais mes cours d'équitation à toutes les fins de semaine en même temps que Daphnée. Les feuilles commençaient à rougir, laissant parraître la beauté de l'automne. J'adorais cette saison pour ces couleurs feu. À chaque fois que j'allais au centre équestre, j'amenais mon appareil photo espérant réussir à prendre de beaux clichés de mes cibles préférées.

Francine adorait mes photos. C'était la femme de Jacques, tous les deux propriétaires du centre équestre. Je leur faisais souvent doubler mes clichés, leur laissant ainsi un souvenir de leur fierté. Ils étaient tous deux de grands amoureux des chevaux. Ils devaient être dans la cinquantaine. Ce qui ne les empêchaient pas d'être en forme. Quelques fois, j'entrais dans leur maison pour téléphoner ma mère, je pouvais alors voir quelques chevaux que j'avais capturés sur papier affichés sur le réfrigirateur.

Un samedi, tout juste avant de suivre mon cours d'équitation avec Tedd, je rentrai dans la maison de Francine et Jacques pour leur livrer mes précieuses photos. Francine m'accueillit bonnement avec un large sourire. Elle était entrain de préparer des biscuits.

"-Bonjour ma belle, Daphnée n'est pas avec toi?

-Non, elle ne doit pas tarder à arriver, je faisais juste passer pour vous donner ceci, lui dis-je en lui tendant l'enveloppe. Son visage s'attendrit.

-T'es trop gentille, j'essaie toujours de trouver une place pour tes photos, si tu savais, j'en ai partout dans la maison! Elle poussa un petit rire léger.

Je me contentai de sourire comme réponse.

Celle-ci tira une chaise et m'invita à m'asseoir.

-Je resterais bien, mais je dois...

-Une minute chérie. Me dit-elle en tapotant sur la chaise. "

Je m'assis alors, un peu hésitante. Francine se retourna vers une pile de journaux pour en saisir un. Elle me le tendit. C'était l'article d'Espoir. Un léger frisson me parcouru en repensant à lui.

"-J'ai revu votre petit poulain, à toi et Daphnée. "

Mon coeur arrêta de battre un moment. Elle avait dit "notre petit poulain"... Notre petit Espoir. Je restais muette, espérant qu'elle puisse me renseigner à son sujet.

Elle me montra qu'elle avait noté un numéro de téléphone sur l'article.

"C'est le numéro de son nouveau propriétaire... Je ne le connaissais pas, c'est un homme dans la soixantaine. Il semble être un bon monsieur, il s'occupait très bien de lui...jusqu'à tout récemment.

-Quoi, il ne peut plus s'occuper de lui, dis-je inquiète.

-En fait, il est tombé malade et comme il ne veut pas se débarrasser du poulain, il est venu me voir et m'a demandé si j'avais de la place pour le garder.

-...et? demandais-je hésitante.

-Normalement, j'aurais refusé un nouveau pensionnaire vu que l'écurie est assez remplie, mais comme je doutais que je pouvais faire plaisir à deux de mes meilleures cavalières...

Je bondis de ma chaise:

-Merci, merci, merci, m'ai-je écrié en serrant Francine dans mes bras. Il arrive quand? On va le mettre dans un box ou dans une stalle? À moins que tu ne préfères qu'on le mette dehors avec les vieux à la retraite où l'abri..? Quand Daphnée va savoir ça!

-Il arrive mercredi et pour ce qui est d'où il va être, je vais en parler avec mon époux et le nouveau propriétaire. Allez, cours à l'écurie et va le dire à tout le monde, me dit-elle en riant.

Je m'apprêtai à sortir comme une bombe de la maison, mais je me suis arrêtée pour regarder Francine une dernière fois:

-Merci, ai-je encore répété le sourire aux lèvres."

Je me rendis à l'écurie en sautillant de joie. Quand j'arrivai dans l'allée des box, la seule personne que j'avais vu était Fanny. En temps habituel, je ne l'aurais même pas regarder de peur de l'avoir sur les talons toute la journée, mais il en fût autrement.

"-Bonjour Fanny, lui lançais-je en la serrant dans mes bras.

Celle-ci parût surprise de mon étreinte:

-Mais qu'est-ce que t'as mangé ce matin, me demanda t-elle étonnée.

-Ah! Ça c'est un secret!"

Je ne voulais rien à personne tant que Daphnée ne serait pas informée de la nouvelle. Je m'en allai alors me réfugier dans le box de Tedd. Il m'accueillit chaleureusement et j'en fit de même en serrant sa tête contre ma poitrine.

"-Il va y avoir un nouveau cheval à l'écurie mercredi, lui ai-je chuchoté à l'oreille."

J'allai chercher un panier de brosses et je commençai son pansage. J'avais le goût de crier la nouvelle sur tous les toîts tellement j'étais heureuse. J'essayais de garder toute cette joie mais je laissais quelques fois échapper quelques petits chants de bonheur. Tedd semblait apprécier ma bonne humeur.

Après avoir fini de brosser ma monture, je vis enfin apparaître Daphnée. Je ne lui dis aucun mot à part l'ordonner de me suivre en allant reporter mon panier de brosses. Voyant que j'avais quelque chose à lui annoncer, elle me suppliait de tout lui dire. Puis après un petit rire espiègle je lui ai tout appris.

Elle resta muette, comme s'elle devait prendre le temps de réaliser ce que je venais de lui apprendre. Puis elle sauta dans les airs et m'entraîna dans sa danse. Elle me prit les mains et on se mit à sautiller ensemble.

"-C'est génial, s'écria t-elle. On va le voir à toutes les fois qu'on va venir ici! On pourrait demander au propriétaire s'il veut qu'on promène Espoir, qu'on le brosse ou bien encore qu'on le douche... Je suis sûre qu'il en serait ravi!

-Je suis tellement contente moi aussi, lui ai-je dit en la serrant à nouveau dans mes bras.

On retourna dans l'allée des box, toutes les deux très souriantes. Quand on rencontra Isa, on se dépêcha de lui apprendre la nouvelle. Elle semblait contente pour nous deux.

En sellant Tedd, je ne pensais qu'à une chose: ce fameux mercredi.

C'était peut-être une journée d'école, mais il fallait à tout prix que je convains ma mère de me laisser y aller.

J'en étais sûre qu'on se reverrait, petit Espoir...
[25 commentaires.]

# Posté le mardi 10 février 2009 20:13

Modifié le samedi 04 avril 2009 20:10